Anecdotes

Vos témoignages, votre passion


Je me prénomme Sarah, mordue de rallye. Vous m’avez bien comprise, je suis une jeune fille. Nous sommes à la mi-décembre, l’intersaison dans les divers championnats de rallye, le temps pour moi de vous écrire ces quelques lignes. 

J’ai découvert le monde du rallye il y a à peine 2 ans grâce à ma grande sœur. Depuis, je me demande si je ne suis pas devenue encore plus « accro » qu’elle ! D’abord les rallyes régionaux, puis ensuite les nationaux et les mondiaux, j’ai presque tout de suite accroché. Et puis j’ai fais plus amplement connaissance avec ce monde particulier. Ma drogue ne s’appelle pas « cigarette » mais bien « rallye » !

Cependant, je me demande quel avenir peut bien avoir notre sport ? En effet, nos sociétés tendent de plus en plus à supprimer les sports dits « dangereux » et « polluants », mais je ne rentrerai pas dans la polémique, je laisse ce plaisir aux diverses membres de la FIA et à nos politiciens, de toutes façons, nous écouteraient-ils au moins ? Beaucoup trouvent déjà le rallye dénaturé et regrettent le temps de ces fameuses Groupe B et autres… En viendra-t-on à deux définitions totalement différentes pour une même discipline ?

L’époque des Groupe B, un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître… pas si sûr ! Cette époque est considérée pour beaucoup comme la plus prestigieuse de ce sport, son apogée. Elle a marquée l’histoire des rallyes, a eu des heures heureuses et d’autres plus sombres… Les meilleurs pilotes s’affrontent au volant des meilleurs bolides, et le talent l’emporte sur l’influence de l’argent. De la 037 à la S4 en passant par la Quattro, la Rover et la 205T16 pour les plus connues, mais aussi la Ferrari 308, la Samba, la Sunbeam ou la 911, les innovations s’enchaînent à une allure folle ! Alléger au maximum, toujours rajouter de la puissance, on use même de technologies issues de la F1, la quête de la performance est sans fin ! Mais une voiture n’est rien sans pilote ! Les Alen, Mouton, Blomqvist, Kankkunen et Biasion dansent littéralement avec les courbes, que ce soit sur asphalte, terre ou neige. De vrais artistes du volant sont découverts comme le Petit Prince qui fera briller bien des étoiles dans les yeux des spectateurs et des photographes… Ces spectateurs massés en grand nombre au bord des spéciales. Où que les rallyes se déplacent, les amateurs de glisses, de sauts et de dérives sont au rendez-vous, de la Finlande à la Nouvelle Zélande, faisant escales en Ardèche, en Corse ou en Toscane. Parfois peut-être trop passionnés, pris dans cet engouement, certains verront les carrosseries de près, de bien trop près ! Pour moi, cette période regroupe le côté pile et le côté face de notre sport favoris. Côté pile pour les énormes avancées qui seront faites pour le rallye, pour le spectacle, la simplicité des pilotes et co-pilotes, les exploits réalisés, mais aussi côté face pour la prise de conscience de sa « dangerosité » et les heures sombres par lesquelles le rallye passera. Ce que je regrette tout de même de cette période, malgré que je n’en ai rien connu et que je la découvre par les photos, les anecdotes et les vidéos, c’est surtout la « longueur » des épreuves : rendez-vous compte, en 2006, Marcus Grönholm a passé 4h11 dans sa Ford Focus en épreuves spéciales chronométrées pour le Monte-Carlo… En 1982 pour le San Remo, vainqueur sur une Audi Quattro, Blomqvist y a passé 8h37 ! 56 spéciales pour ce même San Remo contre… 18 au Monte-Carl’, je ne vous fais pas le calcul, les chiffres parlent d’eux même.

Les groupes B… indéniablement une page de l’histoire du rallye, sûrement l’époque la plus marquante ! Mais j’en entends certains d’ici, les « c’était mieux avant ». Moi je ne peux pas dire cela, je n’ai pas entendu le bruit d’une 037 rugir depuis le Col de la Chavade, je n’ai pas vibré à chaque passage de ces légendes. Je pourrai vous dire que je me « contente » de celui d’une Focus ou d’une 307, mais je ne m’en contente pas, je vibre aussi, la monté en puissance d’un moteur me retourne l’estomac, et je ne peux pas vous décrire l’émotion qui m’a envahit lorsque, entre les épineux de l’Ardèche à la nuit tombée, j’ai aperçu les pinceaux lumineux de ces bolides qu’on ne nomme plus GrB de nos jours, mais WRC. Ce n’est plus la même époque, mais les émotions sont les mêmes. Je regarde les « Maximum Attack » des années 80 à travers des photos, je pense à plus tard quand je raconterai tout ça à qui veut bien l’entendre et je me dis que peut-être les « petits jeunes » seront aussi émerveillés que je le suis quand on me raconte le Rallye.

Une dernière chose, si vous voyez passer quelqu’un avec un bonnet rouge à pompon, quelques boîtes de diapos sous le bras et un appareil photo autour du cou qui veut vous parler un peu rallye, ne le ratez surtout pas ! C’est comme les étoiles filantes, ça ne passe qu’une fois. Asseyez-vous et laissez vous conter l’Histoire Rallye.




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